Le graphiste doit il être consensuel ?

Subversion : « Action ou ensemble d’actions visant à troubler l’ordre établi, à
détruire le système, les valeurs admises » (encyclopédie Hachette). La subversion
peut servir à renverser un système, à proposer une alternative au système dominant
en amorçant une révolution des modes de pensées. Elle peut également servir à faire
évoluer les valeurs d’un système en les remettant en cause par l’illustration des
travers dudit système.
Transgression : « Outrepasser, contrevenir à quelque ordre, à quelque loi »
(encyclopédie Hachette). La transgression bénéficie d’un traitement particulier
lorsqu’elle est commise au nom de l’art étant parfois même considérée comme une
action légitime d’expression.
Provocation : « action d’inciter, d’exciter une réaction » (dictionnaire Lexilogos).

Dans l’espace public, le graphiste, par l’intermédiaire des son donneur d’ordre, expose et impose son œuvre aux passants ordinaires, prenant le risque de se heurter aux réactions les plus virulentes. Ces conditions particulières d’exposition influent-t-elles sur la création ? Le graphiste est-il moins libre dans l’espace public ? Fait-il l’objet d’une censure ou d’une autocensure ?

Couverture chartePour ma part, en tant que graphiste, je me dois de répondre à la demande de mon client, qui souvent et particulièrement ici, au Sénégal, est très consensuelle.

 

 

Pour la Mairie de Neuilly, où j’ai exercé mon art entre 2099 et 2010, j’ai aussi dû me montrer encore plus circonspect… Le cas est compliqué : une petite ville de proche banlieue parisienne, connue pour son ancien maire, très conservatrice. De plus, je travaillais pour une administration territoriale… J’y ai fait scandale avec mes idées, certains jours !

J’ai travaillé sur la refonte du « logo » de la ville, après des tentatives avortées de plusieurs agences… Après plusieurs propositions pourtant bien sages, nous sommes revenus à une schématisation du blason de la ville, et l’ajout d’une d’une signature contenant le nom de la ville.

En dehors de mon activité professionnelle, je fais des recherches graphiques, qui m’amènent sur des terrains à mon avis plus intéressants. Mais ces travaux ne sont pour la plupart pas vendables.

Donc, je pense que le graphiste doit être  consensuel, l’humeur n’étant pas à la déconnade, et le commanditaire ne comprenant pas souvent que se démarquer, c’est aussi oser, et au final, si le message et l’image, même percutante sont pertinents, on est gagnant.

Certaines campagnes ont osé, et ont fait mouche… Alors, je continuerai à faire scandale, parfois.

2 réponses à “Le graphiste doit il être consensuel ?

  1. c’est la rançon de travailler avec ce genre d’organisme, mais bon, ça paie la bouffe et le reste et ça permet de vivre de ce qu’on sait faire quand même… et aussi de continuer à créer pour soi en parallèle…
    comme je parcours ton blog petit à petit, j’ai réussi à répondre toute seule comme une grande à la question que je t’ai posée tout à l’heure sur ton article à propos de charleville-mézères, à savoir que, oui, tu as bougé de là et pas qu’un peu! toujours en afrique alors? je t’envoie un peu d’absence de soleil, du gris donc et du vent ni froid ni chaud ni tiède ni rien qui règnent à l’ouest de Paris aujourd’hui en échange de ce que tu as en magasin, si possible un peu de lumière et de chaleur…

    • Je peux t’envoyer beaucoup de soleil, ici on en a revendre… Je dirais même que l’on a pas grand chose en plus… A part la lumière que je t’envoie aussi avec plaisir !!

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