La journée “type” d’un (branleur de) graphiste… Part two.

Résumé de l’épisode précédent : après avoir galéré pour aller au taf, le graphiste a rendez-vous avec un client. Au retour il se fait reprendre de volée par la patronne.

Alors pourquoi cette reprise de volée ?

Tiens, c’est la première fois que je parle de foot, je m’étais juré de ne pas en parler, et plus particulièrement en cette période coupe de foot.

Il est 13h02 et donc, le fait est que la patronne nous a reproché, à ma collègue, celle dont je parlais dans la premier épisode et à moi, est de ne pas l’avoir attendue pour qu’elle puisse venir avec nous au rendez-vous… Mon dieu quelle histoire…

Sachant qu’elle était occupée avec un client, et que l’autre client – le client 2 -, rappelez vous, nous attendait dans la voiture… Nous avons dû faire ce qu’on appelle un choix tactique… Notre préférence a été au client… On n’aurait pas du, je pense… Toujours est il que l’on en entendu parler…

13h40 : après cette remontée de bretelles, nous sommes repartis, ma collègue, celle dont je parlais dans la premier épisode, et moi, nous sommes retournés chacun dans notre bureau… Au coin.

Après cela, je me suis remis sur mon fameux catalogue, à aligner des tableaux de chiffres, le truc qui te fait rêver de la plage; ou tout autre truc sympa.

– J’avais dit pas de foot !!- Désolé…

15h28 : j’allais m’endormir, quand, soudain, mon dieu, qu’est ce que c’est ?? Musique à fond, slogans… serait ce une nouvelle manif du M23 ?? D’habitude les seuls cris que tu entends dans ces cas sont les cris de fureurs contrebalancés par les bruits des grenades lacrymogènes tombant dans l’oeil – ou ailleurs- des manifestants… Alors qu’est ce donc que voila t’il dehors ??

Vous le saurez dans le proch… non, je plaisante.

En fait, c’était – on est en plein dans la campagne pour les présidentielles, d’où le bordel ambiant, les manifs et je ne vous la refait pas encore une fois – c’était… Moustapha N. et tout son cortège de fidèles, finalement peu nombreux (c’est vrai ça, il a pris tout le monde ?) camion bardé de hauts parleurs xxxl size et planté d’un DJ chargé d’assurer l’ambiance musicale à donf, l’ambiance, et le DJ aussi en fait.

En fait le camion de Niasse, il est un peu moins funky, mais c'est pour donner une idée...

Après le camion musique, vient toute la clique des voitures de type 4×4, censées montrer que le candidat est proche du peuple : gros 4×4 v8 étasunien flanqué comme dans les films de son gyrophare bicolore bleu et rouge sur le tableau de bord (je sais que tu sais, si tu as vu les Experts Los Angeles), Hummer H2, Mercedes, et j’en passe. De quoi se dire que si on vote pour lui, il aura réellement les mêmes préoccupations que le bas peuple.

Suivant de manière enthousiaste, vient la cour… Les grands nobles devant le tout-venant, venant après. Gravitent autour les fantassins, à pied, normal et les autres, dont j’ai oublié le nom, en roller.

Le tout, coloré, joyeux, non payés pour être là.

En tout cas, ca a fait comme une récréation et ça m’a donné des envies d’ailleurs…

15h51 : après ça, comment voulez vous ne pas penser au voyage (au moins une heure d’attente avant de prendre un bus DDD – Dakar Dem Dick + une heure de trajet, minimum) qui m’attend ?? Hein je vous le demande.

Mais je dois passer le temps en attendant ce moment tant attendu.

18h03 : il est l’heure de partir, enfin, j’ai envie de dire… Je boucle donc le bureau, ma collègue, celle dont je parlais dans la premier épisode, est partie en avance après avoir quasiment agonisé sur son bureau : grippe, mal au ventre… Et que j’ai passé une bonne partie de l’après midi à lui faire croquis censés lui faire comprendre les avantages d’une landing page sur FB… Tout un programme, et j’ai lamentablement échoué. Elle doit rendre demain (je ne serai pas là, ça va être plus que chaud pour elle) une étude de concernant ce domaine…

M’en finalement bats les c…, avec un BAC+5 en marketing, elle devrait s’en sortir.

Tout ça pour dire que je ma casse.

18h08 : direction la Place de l’indépendance pour attendre le bus. Alors oui, j’entends déjà ceux qui diront mais pourquoi qu’il prend t il pas un taxi ? Deux réponses sont possibles : parce que pour la première, et va trouver un taco à l’heure où tout le monde veut prendre un taxi à Dakar, ville connue pour sa circulation plus que déraisonnable et le prix plus que démentiel des courses en taxi, et plus singulièrement quand tu es blanc.

Passons rapidement sur ce point, mais sachez qu’hier, rien à voir, je sais, on a tenté de me vendre une fausse copie de Monopoly made in jesaispasoù, la modique somme de 50 euros – c’est pas cher 50 euros, t’es fassé?

Donc, 18h21, j’attends le bus…

19h24, arrivée du bus… Et c’est parti pour une grosse heure debout, serré, dans les odeurs – on avait dit pas le physique – et le mélange indéfinissable et unique de sons provenant de 12 à 15 radios écoutées par les voyageurs, sans compter les gaz de combustion émis par les autres véhicules circulant ? – tentant d’avancer tant bien que mal vers un but indéfini…

20h42, descente du bus… Mon dieu qu’il est bon de rentrer.étant pas finie, je Je passe au marché, je discute 5 minutes avec le frère de ma chérie qui vend du café touba. Il va bien merci.

J’arrive à la maison et devinez quoi ? Ma chérie n’est pas là, elle est partie se faire belle pour moi et accessoirement parce que demain c’est anniversaire. C’est trop mignon.

21h14 : la journée n’étant pas finie, je m’accorde une pause de quelques minutes avant d’attaquer la vraie journée… Mon job en free lance. J’ai 10 illustrations à produire pour… un clip musical.

A ce moment du récit palpitant que vous lisez avec avidité, je vous dois une petite explication : oui je travaille pour une boîte, trois jours par semaine, pour payer les factures. Le reste du temps, je travaille pour mon compte, mais il m’arrive de faire deux journées en une, comme aujourd’hui.

La séquence larme à l’oeil étant terminée, je reprends mon récit là où je l’ai laissé.

21h22 : je m’installe donc devant mon ordi et je travaille sur ces illustrations dont je vous donnerai des nouvelles au fur et à mesure.

Pour l’instant elles vont très bien, merci.

22h30 : retour de ma chérie, j’ai bien failli ne pas la reconnaître !! Mais elle est jolie comme un coeur. Et patiente.

23h06 : diner, au menu cébon, un plat d’ici, je vous promets le recette.

1h48 : j’en peux plus !! En plus il faut que je relate tout ça sur mon blog…

Et demain :

Regarde le jour se lève

Dans la tendresse sur la ville
Tu me fais vivre comme dans un rêve
Tout ce que j’aime…

Source : Peter et Sloane
BESOIN DE RIEN, ENVIE DE TOI
Paroles et musique: M. Casanova – J.P. Savelli – C. Richard, 1984

“Il est six heures trente, c’est l’heure de se lever… Il est six heures trente, c’est l’heure de se lever…  Il est six heures trente, c’est l’heure de se lever… ”

Alors, graphiste un métier de branleur, ou pas ?

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