La lutte sénégalaise et les aspects « mystiques » – Bonus track : le combat Yékini vs Balla Gaye II

Au Sénégal, un sport existe depuis longtemps… Il est né en Afrique de l’Ouest et est pratiqué un peu partout.

Ici ce sport ancestral a pris une gigantesque dimension, soutenu par les sponsors et retransmis par les chaines de télévision et les journaux.

C’est le sujet favori de discussion de tous les sénégalais  en ce moment, les élections étant maintenant  passées.

Pour rendre le spectacle plus attrayant, on a introduit une nouvelle catégorie : la lutte avec frappe.

La lutte avec frappe est à la base la lutte traditionnelle, mais on est autorisé à frapper son adversaire. Et les protagonistes ne s’en privent pas…

Chaque « grand combat » est l’occasion de discutions, pronostics, engueulades toujours plus survoltées au fur et à mesure qu’arrive le jour J…

Lundi soir avait lieu un championnat national de lutte et à cette occasion, devait avoir lieu une « signature de contrat » entre deux grands lutteurs : le Roi des arènes et son prétendant.

Cette signature en soi et déjà un spectacle, car chacun y va de sa petite phrase, de sa certitude qu’il va gagner…

Pour des raisons obscures, ou plutôt mystiques, le roi est venu… Mais pas son adversaire…

Alors pourquoi cet état de faits ?

Tout simplement, parce que l’un des nombreux marabouts entourant le prétendant lui a conseillé de ne pas voir l’autre combattant avant la date prévue du pugilat.

Il faut dire que depuis un certain temps, les marabouts sont devenus les rois des rois des arènes : il est incroyable de voir le nombre de rituels mystiques qui se passent avant un combat. On se verse des liquides divers, faits de décoctions de plantes diverses, du lait caillé sacré, on porte des grigris par centaines, au tour de la taille, autour des bras, on doit casser des oeufs, on doit entrer dans l’arène du bon pied, on porte des tuniques où sont inscrites des versets du Coran, on verse des liquides autour de l’arène…

On utilise des miroirs pour renvoyer les éventuels mauvais sorts envoyés par l’adversaire…

On va prendre la protection des griots tapant le tamtam…

Et pour finir, on entre sur l’arène pour le combat.

Balla Gaye

Je vais maintenant vous parler du combat du 22 avril qui aura lieu entre le roi des arènes, Yekini, et son adversaire, sûr de gagner, Balla Gaye II.

Depuis plusieurs années déjà, Yekini terrasse tous ses adversaires par l’intelligence de combat qu’il a su développer. Il a 39 ans, et contrairement à ses jeunes adversaires, il ne dit rien ou pas grand chose avant le combat. Balla Gaye, lui dans un style différent, clame sa victoire à qui veut l’entendre.

Je ne donnerai pas de pronostic, mais j’ai une préférence pour le style Yékini.

Au Sénégal, tout le monde ou presque a son favori, et attend avec impatience le 22 avril et ce combat fait les gros tires des journaux.

Gageons que cette empoignade donne un beau spectacle…

2 réponses à “La lutte sénégalaise et les aspects « mystiques » – Bonus track : le combat Yékini vs Balla Gaye II

  1. Je me souviens encore du lutteur que j’ai croisé sur la plage de Sally à l’entraînement.
    Aaaaaaaaaaaaaaaaaah.
    Quant aux marabouts, je crois surtout qu’ils ponctionnent beaucoup d’argent, de temps et d’énergie aux lutteurs et aux gens en général.

    • Je pense comme toi mais il ne faut pas le dire ici en tout cas… Je pense que les marabouts sont les gagnants dans l’histoire : ils ne prennent pas de coup, ne sont pas obligés de se doper, et restent assis devant la télé le jour du match… Mais faut pas le dire.

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