Petit pot…

de vin !

Je voudrais relater des faits, qui malheureusement ont cours au Sénégal.

Je donnerai des exemples précis pour que l’on ne m’accuse pas de mentir :

lundi matin, mon père et moi sommes allés à la gendarmerie de Ouackam, pour ne pas la nommer, et nous avons dû faire une déclaration de perte.

Le gendarme très gentil prend notre « déposition », nous donne un ticket pour que nous allions remplir la déclaration de perte, dans un autre bâtiment.

Mon père remplit ledit document, et on nous demande d’aller acheter un timbre fiscal à 125 F, ce qui est somme toute dérisoire.

On va donc de ce pas acheter ce fameux timbre… Je passe sur la galère de payr 125 F avec un billet de 2000… Personne n’a de monnaie dans les boutiques, à croire que c’est la couleur de la peau qui fait fuir les pièces. Peu importe, on ne m’arrête pas pour cela.

Je reviens, je donne le timbre, je demande quand on aura le papier signé, et on me dit vers 11 heures, sachant que de toute façon, il ne sera pas prêt à l’heure dite et que j’ai autre chose à faire que de buller sous les arbres. Je décide donc qu’on reviendrait vers 12h00, pour être sûr d’avoir le document en quelques minutes. Ce qui fût dit fût fait.

Nous arrivons, on nous donne le document, et on nous dit que c’est 200 F. Je n’ai pas réagi tout de suite, mais en sortant mon père me demande, les 200, c’est pour lui? Ben oui.

 

Autre exemple : nous avons rendez vous hier matin avec un certain Monsieur D. pour qu’il nous donne l’heure de notre mariage (cette fois, pas avec mon père, mais avec ma chérie).

Nous demandons une heure l’après midi, il insiste pour que ce soit le matin… Etrange, mais nous savons ce que nous voulons, et on insiste pour cela soit l’aprem… C’est plus simple, et on avait prévu comme ça.

Du coup, il nous explique que vu que c’est l’après midi et qu’il est bénévole, ce serait bien qu’on fasse un (petit) geste pécuniaire envers les « oeuvres sociales de la Mairie », qui comme vous le savez sont pauvres…

Et même si le papa pouvait donner tout de suite, là, maintenant, il serait tranquille avec ça, et ce serait très bien. Il n’est pas d’ici, c’est plus facile pour lui vendre la sauce.

Car en fait d’oeuvres sociales, il s’agt bien là des ouvres sociales de son porte monnaie… Mais comme il dit on donne ce qu’on veut. Je lui ai répondu qu’on devait se concerter un peu avant de prendre la décision quant au montant. Pour moi, ce sera que dalle. Pour les autres aussi d’ailleurs je vais insister la dessus.

Tout ces faits ne sont pas bien graves, mais j’ai été témoin d’une autre affaire, dans la cadre de mon travail de consultant, concernant l’attribution d’un appel d’offre : nous avons soumissionné pour un appel d’offre du C…S, organisme d’Etat…

Etant les mieux disants, nous avons été sélectionnés, bonne nouvelle, mauvaise nouvelle, il faut donner aux membres du jury pour finaliser le dossier. Quand je dis donner, c’est donner des sous… Pour mettre de l’huile dans les rouages. Et faire qu’on ait la commande, finalement.

Tout cela me donne envie de gerber, et de partir de ce pays qui est privatisé par une bande de voleurs et de tricheurs.

Voila c’est mon coup de gueule du jour.

 

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4 réponses à “Petit pot…

  1. …Que je comprends tout à fait et qui est extrêmement difficile à expliquer à beaucoup d’africains.
    Ils comprennent encore moins en quoi c’est mauvais pour eux personnellement, en quoi ça handicape leurs enfants, en quoi ça freine le développement…

    • C’est clair, tant que ça restera ainsi, l’Afrique n’avancera pas beaucoup. C’est pourquoi j’ai écrit ce billet, j’espère juste que ça aidera un peu à changer les choses.

  2. Tu as bien fait de pousser ce coup de gueule, Ben, je me doutais un peu comment les choses marchent dans ces pays mais c’est vraiment lamentable et si triste.
    En tout cas, tu l’as décrit avec beaucoup d’humour.
    Bon courage, j’espère que cela ne gâchera pas la joie de ton mariage.

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